Zombi-Episode 6 : Rats d’égouts
Eva mâchouillait l’oreille de son abeille en peluche. Elle savait qu’elle était désormais trop grande pour se balader avec un
doudou en pleine rue, lui faire des câlins et lui demander de la rassurer dans les moments pénibles. Mais ça, c’était quand il y avait encore l’école. Quand il y avait encore ses parents. Quand
il y avait encore son frère. Mais désormais il n’y avait plus personne pour lui faire des remarques. Les Grands qui l’avait prise avec eux ne faisaient attention à elle que pour s’assurer qu’elle
allait bien, qu’elle suivait le rythme. Celui qui s'appelait Jonathan et qu’elle avait déjà vu plusieurs fois avec Alexis essayait de se montrer le plus gentil possible, mais elle voyait bien
qu’autre chose de plus important l’occupait. Il ne cessait de se retourner, sursautant au moindre bruit. Et alors il passait son bras autour d’elle, pour la protéger. Eva comprenait ce qui se
passait et avait envie de pleurer, mais elle imaginait aussi ce qui pouvait se passer si les Grands devaient s’occuper d’elle plutôt que des Horreurs qui pouvaient surgir de partout. Ces Horreurs
qui avaient mordu ses parents. Ces Horreurs qui avaient mordu Alexis.
Le plus costaud des Grands épiait la rue suivante en restant à l’abri d’un angle du mur, serrant fort son propre doudou, une
arme qui faisait comme un fusil. Il revint vers eux, glissant son dos le long du mur, puis s’agenouilla vers elle. Prenant une voix rassurante, il lui dit :
“Alors, tu te souviens de mon prénom ?”
Eva le regarda fixement, incapable de formuler une réponse.
“Ok. Moi, c’est l’Oncle Doc. Tout le monde m’appelle comme ça, alors tu peux m'appeler pareil. Ok ? Alors, ce qu’on va faire,
c’est qu’on va aller à une super planque qui nous protégera des méchants. Tu es d’accord ?”
Eva hocha timidement la tête. Elle ne demandait qu’à le croire. Elle sentait au fond d’elle cette affreuse sensation qu’elle
ne reverrait plus jamais sa famille. Et elle avait peur. Si elle ne pouvait rien faire pour être avec sa famille, elle comprenait qu’en revanche elle pouvait combattre un peu ce tiraillement qui
lui serrait le cœur et lui tirait les larmes.
“Le truc, c’est qu’il va falloir traverser cette grande avenue et quelques autres rues encore. Et, je viens de regarder, il
n’y a pas de méchants. Ce qui serait bien, c’est de ne pas leur laisser le temps d’apparaître, d’accord ? Comme ça on arriverait jusqu’à ma super-planque sans qu’ils puissent nous suivre et on
serait tranquille pour très longtemps !”
La petite fille buvait ses paroles, sans tout comprendre. Ce qui était important ne revanche c’était le ton qu’il employait,
ses mains rassurantes qui gesticulaient et ses grandes épaules dans lesquels elle avait envie de se réfugier. La voix de l’Oncle Doc résonnait d’abord dans toute sa carrure avant de lui parvenir,
lui donnant un accent grave et imposant qui la tranquillisait.
“Bien. Alors la solution qui serait chouette, pour que tu n’ai pas à courir, c’est que je puisse te porter sur mes épaules.
D’accord ? Comme ça, plus tu me serreras fort, plus je courrai vite. D’accord ?”
L’Oncle Doc n’était pas sûr que la gamine accepterait. Il comptait sur l’effet de panique et l’horreur que lui devait lui
inspirer les zombis des environs pour qu’elle accepte, tout en se rendant compte qu’elle devait être bien trop âgée pour accepter de se faire porter. Il lui donnait sept, huit ans, ne se
rappelant plus de ce qu’Alexis avait pu lui dire à son sujet. Il accueillit avec soulagement l'acquiescement pressé d’Eva. Il se releva, se défaisant rapidement de ses affaires pendant que
Jonathan protestait :
“Mais tu vas la porter ? Tu feras pas deux pas ! Laisse-moi le faire, ou m’occupez d’elle. Tu pourras pas tirer si tu l’as
sur le dos.
_ Je sais, tiens.”
Il lui tendit le fusil à pompe, puis la petite ceinture de munitions de secours.
“Essaye de pas utiliser les dernières, je crois que ce sont des modèles à billes d’acier, seulement en dernier recours. Ne
tire que si tu peux le fumer d’un coup, tu gardes la main du côté de la gâchette sur la gâchette et tu recharges avec l’autre. Tire à reculons si tu peux, ne joue pas au héros, si tu peux te
tirer tu te tires. Et surtout tu restes derrière moi. Tu protèges la petite avant tout, c’est ta seule mission, ok ?
_ Ok...”
Jonathan avait répondu sans savoir ce qu’il répondait. Tout allait trop vite. Le poids de l’arme lui paraissait impossible à
porter. La responsabilité d’avoir leur seule arme de protection encore plus. Mais l’oncle Doc lança son sac à Max qui le passa par-dessus le sien sans discuter. Entre temps, écoutant le projet du
geek, il avait délogé un poteau de barrière pour s’en servir d’arme contondante. Ils se regardèrent tous les trois. Au moment où ils se décidèrent d’un accord silencieux qu’il était temps d’y
aller, la montre de Max se mit à sonner. Instinctivement, Jonathan attrapa son portable dans sa poche et l’alluma. Cela faisait six heures qu’ils n’en avaient pas fait usage, trop occupé à
retrouver le chemin de la maison d’Alexis. Pendant quelques secondes il maintient un suspens involontaire. Puis son visage se décomposa un peu plus quand il annonça :
“Plus de réseaux...”
Pris d’un accès fébrile il le reteignit et le ralluma aussitôt, accompagnant cette seconde tentative d’une grimace paniquée.
Il essaya avec le portable d’Alexis, manquant de tout laisser tomber quand il obtint le même résultat. Max essaya à son tour, sans trop y croire. L’oncle Doc accueillit le désespoir d’un soupir
rageur. Ses efforts pour maintenir une cohésion lucide dans le groupe venait d’être balayés.
“Les relais sont hors-service. Va falloir attendre que quelqu’un remette en place. On a toujours les murs... conclu-t’il sans
trop y croire lui-même.
_ Putain, ça fait même pas deux jours, s’exclama Max en serrant les dents.”
Jonathan resta muet, croisant le regard apeuré d’Eva qui attendait toujours de grimper sur le dos de l’once Doc. Il lui fit
un bref signe de la tête, redressa le fusil à pompe, déglutit péniblement et fit signe aux autres qu’il fallait toujours y aller. Max cracha sur la boîte au lettre la plus proche, serra son
poteau et prit la tête. Quelqu’un murmura : “go”, et ils s’élancèrent. La peur leur martela instantanément les tempes. Des silhouettes avaient eu le temps de déambuler entre les carcasses de
voitures abandonnées. Des humains décharnés, heurtant le moindre obstacle en travers de leur chemin, soudainement attirés par le mouvement des trois garçons.
Gardant le rythme rapide de leur marche ils se déportèrent de l’autre côté de l’avenue, sous les yeux blancs des premiers
morts-vivants. Jonathan se tassa entre ses épaules, les mains brûlantes autour du fusil à pompe. Eva se cacha le visage dans le cou de l’oncle Doc, un bras par-dessus une épaule du garçon,
l’autre par-dessous la seconde, les mains jointes autour du torse et les pieds entrecroisés au niveau du ventre. Max se retenait de faire traîner le poteau par terre, comme pour signifier haut et
fort son envie de passer ses nerfs sur quelques têtes. Serrant les dents, il pesta :
“Ça va pas le faire... ça va pas le faire...”
Plus il le répétait, plus la panique se changeait en rage. Il guettait les silhouettes amorphes se rapprocher doucement, sur
toute la longueur visible de l’avenue, comme une horde se rabattant sur une proie. Plus ils avançaient, plus il lui paraissait évident qu’il faudrait obligatoirement en venir au main. Les
devantures des vitrines vides défilaient et à chaque nouveau pas Max arrêtait de surveiller les zombis qu’ils laissaient derrière eux pour s’occuper des suivants qui prenaient leur place. Ils
n’avaient plus qu’une dizaine de mètres de disponible pour agir et l’avenue continuait encore sur plusieurs longueurs. D’un bref coup d’oeil il compta une quinzaine d’assaillants potentiels dans
les secondes prochaines. Il fallait absolument créer une brèche et forcer le passage. Un déclic indiqua que Jonathan venait d’armer le fusil à pompe. L’action était lancée.
Il se jeta le pied en avant sur le capot d’une voiture, prenant de vitesse le zombi le plus proche dont la tête lui arrivait
à présent au genou. Des deux mains il se servit de son poteau comme d’un club de golf et desservit un coup sec et vif qui déchira le cou putréfié du mort-vivant. La tête décolla, laissant le
corps privé d’organe pensant s’écraser à terre.
“Allez !” hurla Max en grimpant plus haut sur la voiture.
Il jeta un coup d'œil derrière lui pour s’assurer que l’oncle Doc s’engouffrait à sa suite, Eva solidement agrippé dans son
dos. Il envoya la pointe du poteau dans une nouvelle tête dont l’os craqua et déversa une substance purulente, grisâtre et visqueuse. Il sauta sur la voiture suivante, se stabilisant d’une main
posée sur le toit de la carrosserie. L’oncle Doc passa à ses côtés, profitant de la voie libre. Jonathan suivit, le fusil à pompe braqué en arrière.
Max renvoya le poteau faire valser la tête d’un zombi proche puis retomba sur le tarmac, se précipitant à la suite des
autres. Ils avaient traversés l’avenue, laissant la poche de zombis regroupés derrière eux. Mais l’accalmie fut de courte durée. L’oncle Doc s’arrêta net, cherchant en vain un passage entre les
présentoirs d’un supermarché et les arbres du trottoir. Mais plusieurs voitures barraient le chemin, agrémentées de corps ambulants dans leur direction. Reprenant les choses en main, Max se jeta
sur le capot le plus proche, passa de véhicule en véhicule et éclata le visage du premier zombi. Attirés par l’agitation, les morts-vivants se désintéressèrent des trois autres membres du groupe
qui en profitèrent pour se faufiler de l’autre côté de l’embûche et s’engouffrer dans la rue suivante plus resserrée mais quasiment libre de tout automobile et qui menait à vaste étendue. Un peu
plus loin ils leur suffiraient de suivre sur quelques centaines de mètres les lignes de bus pour se retrouver en périphérie de la ville, à portée de marche de la station
d’épuration.
Repérant un cadavre plus vif que les autres, Max l’empêcha de poursuivre les fuyards en lui collant son poteau en travers de
la nuque. Le bois suintant le sang et d’autres liquides peu identifiables. De larges gouttes le suivaient à la trace et giclaient à chaque utilisation. Ayant réussis à gagner l’angle de la
nouvelle rue, les trois autres se retournèrent pour l’attendre. Un frisson d’effroi les envahit. Max venait tout juste de se faire encercler, juché tant bien que mal sur le toit d’une voiture,
écrasant les mains, envoyant bouler une nouvelle tête. Jonathan pointa le fusil à pompe, ne sachant quelle cible choisir. Il y en avait trop. Croisant leurs regards, le garçon aux prises avec la
foule zombiesque en arriva à la même conclusion. Pour empêcher Jonathan de gâcher des munitions, il hurla :
“On se retrouvera à la cabane ! Je laisserais un message et je vous rejoins plus tard ! Dégagez ! Allez !”
Il dégomma un zombi de plus et sauta vers un autre véhicule. Son pied ripa et il manqua de se le faire lacérer par les
cadavres ambulants à proximité. Mais il réussit à se hisser, changeant de voiture. Le boucan qu’il faisait attirait la foule hébétée autour de lui. Il jeta un dernier coup d'œil derrière lui,
incitant les trois autres à fuir, au moins pour rendre sa diversion utile.
L’oncle Doc croulait sous le poids de la petite fille et la dégradation de la situation rajoutait à l’accablement qui le
taraudait. Refoulant le désespoir qui cherchait à s’emparer de lui, il recula et s’engouffra dans la rue, courant aussi vite qu’il pu, s'essoufflant de plus en plus. Un zombi affalé dans un tas
de détritus agita ses bras à leur passage, incapable de se soulever pour les poursuivre. Ils débouchèrent sur la place où les lignes de bus s'entrecroisaient, autour d’un semblant de verdure. La
même foule disparate de zombis se trouvait parsemée sur leur chemin. Ils avaient juste un peu plus d’espace pour se faufiler entre eux.
“Faudra encore trouver une brèche au mur des anciennes lignes. Avec la petite on pourra pas l’escalader. Après ça ira, y aura
plus qu’à descendre la pente.
_ Remarque, y a une chance pour que personne ai pu l’escalader, ce mur. Si ça se trouve y a personne de l’autre côté. Enfin,
personne de mort... enfin, personne à moitié mort. L’un de nous passe en premier, on fait passer la
petite, et l’autre passe à son tour.
_ Mouais. C’est un poil risqué tout ça. En supposant comme tu le dis qu’on soit tranquille à l’extérieur de la station. Et à
l’intérieur, merde... j’avais pas pensé qu’ils pouvaient tous être crevés là-bas. Fait gaffe au gros, là. On s’est jeté un peu à l’improviste sur ce coup-là. Déjà qu’on est pas nombreux...
Putain, fait gaffe !”
Jonathan réalisa que le coup était parti tout seul. Il surveillait le gros zombi du coin de l'œil tout en écoutant l’oncle
Doc, mais il avait mal calculé les distances et le mort-vivant avait failli se jeter sur eux. Il avait à présent une bouillie sanguinolente en guise d’organe cérébrale. L’attroupement des zombis
se précipita autour d’eux et ils durent se remettre à courir. Leurs poumons brûlaient comme de l’acide. Les lignes de bus ne leur avaient jamais paru aussi longues à pied. Jonathan fit détoner
une seconde fois pour empêcher une vieille femme décharnée de mettre la main sur lui. Il détestait la bruit et l’odeur de l’arme à feu et paniquait tout autant une fois qu’il avait tiré qu’au
moment où il était obligé de le faire. Son épaule heurta brutalement le mur des anciennes lignes. Essoufflé, il laissa tomber son sac et se mit à grimper, s’écorchant les mains sur la pierre à
nue. Au sommet, il jeta fébrilement un coup d'œil à droite, puis à gauche, recommençant une demi-douzaine de fois pour être sûr de ne pas se faire surprendre une fois de l’autre
côté.
“Putain, Jonathan ! On y va ! Ils sont là !”
Il se retourna. Les zombis étaient là. L’oncle Doc soulevait Eva pour la faire passer, manquant de la basculer de l’autre
côté la tête la première. Jonathan l’attrapa et la fit descendre le plus doucement possible. Mais les mains moites lâchèrent le tissu et elle tomba à la renverse, déséquilibrant le garçon qui
dégringola à son tour. Son épaule fit un bruit sourd. Les sacs volèrent au-dessus d’eux et s’écrasèrent, manquant de les percuter. L’oncle Doc apparu d’un coup, les jambes râpant la pierre,
tombant comme une masse droit le long du mur.
“Aaaah. Merde, merde, merde ! Il m’a pas touché, il m’a pas touché, il m’a pas touché !”
Tout en hurlant il souleva avec un regard effrayé le pan de pantalon pour observer la blessure. Sur plusieurs centimètres la
chair était striée de bandes rouges et blanches. La morsure calcaire de la pierre. L’oncle Doc s’effondra, expirant tout l’air de ses poumons, fermant les yeux. Un instant, il avait vraiment cru
qu’il s’agissait de marques laissées par les ongles saillants d’un zombi. Eva s’était relevée, un hématome sous l'œil gauche, marchant à quatre pattes vers lui. Il l’a pris dans ses bras, l’a
serrant fort.
“Désolé... Si même moi je commence à débloquer... Oh punaise...
_ Ça arrive à tout le monde. Et ça prouve aussi que t’es bien un humain comme nous.”
Jonathan lui tendit la main pour qu’il puisse se relever. Ils étaient épuisés. Traînant les sacs à dos à la main, ils
s'avancèrent vers les bâtiments circulaires de la station d’épuration, frayant leur chemin à travers les hautes herbes. Eva donnait la main aux deux garçons. La porte était coincée mais le loquet
intérieur n’était pas mis. En donnant de gros coups d’épaules l’oncle Doc réussit à l’ouvrir. Plissant les yeux il demanda :
“C’est toi qui a les lampes de poche ?”
Jonathan la sortit et s’avança, Eva prudemment cachée derrière lui. Le hall de la station était vide. Il ne restait plus
rien. Les tables, les bureaux, tout ce qui étaient enlevables avait disparu. Il ne restait qu’un large comptoir où de la poussière terreuse flottait autour. L’oncle Doc récupéra une seconde
lampe-torche et inspecta les lieux à son tour. En faisant tomber un lourd classeur il déclara :
“Y a encore tout un tas de relevé. J’imagine que ça date pas de si longtemps.
_ Tu crois qu’il y a quelqu’un d’autre ici ?
_ Possible. Tiens, la date d’avant-hier. Ils étaient encore là.
_ À quoi ça a pu leur servir d’enlever tout ce qui aurait dû être là ?
_ L’idée qui me viendrait là, d’un coup, ce serait pour se barricader. Mais j’aime pas trop ça, à vrai dire. On va se poser
un peu, le temps de fermer la porte et de faire le point.”
Le faisceau de lumière s’éloigna dans le hall, puis revint à l’accueil. Jonathan avait blotti Eva contre son gros sac à dos
pour qu’elle soit à l’aise, sortant quelques barres de céréales piquées chez elle pour qu’ils puissent grignoter un peu. Après tant d’épreuves, le repos avait un goût salutaire. Et un goût de
poussière terreuse.
“Mais ça vient d’où toutes ces espèces de particules dans l’air ?
_ Sait pas, répondit l’oncle Doc. T’entends pas le roulement des machines ?
_ Si.”
Ils tendirent l’oreille, soulagés de ne pas avoir fait tout ce chemin pour rien.
“Tu crois qu’ils avaient un groupe électrogène pour faire marcher tout ça ?
_ Sait pas. Ça paraît bizarre, un groupe électrogène juste pour une station d’épuration. Mais bon, nous ça nous arranges pour
l’instant. Si ça se trouve ils sont sur un autre système électrique que le centre ville. Y a peut-être encore l’électricité dans ce secteur. Je ferais un tour tout à l’heure.”
Ils tendirent soudain l’oreille au même pépiement fortement audible. Interloqués, ils balayèrent la pièce pour repérer d’où
cela provenait. C’est alors qu’ils remarquèrent les griffures au pied des murs, comme un sinistre bas-relief. Ils se relevèrent doucement, sous l'instinct du danger, gardant les
lampes-torches braquées vers la source de bruits. Des grattements, des pépiements.
“Dans Resident Evil, y avait bien
les animaux qui chopaient aussi le virus, nan ?
_ Sauf qu’ils parlaient que de grosses sales bêtes et que c’étaient des expériences. Y avait peut-être des corbeaux
aussi.
_ Et tu crois que ça peut se transmettre aux rats cette saloperie ?”
Au regard paniqué de Jonathan, il sut qu’ils partageaient la même crainte.
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